Posté le 14/09/2011 à 19:25

Pacha : Journal de Bord

Grosse mise à jour sur l'Albatross... Ca avance, enfin!
Pour commencer, début juin, il a été rapatrié dans mon atelier (fraichement rénové) : j'ai du coup installé un attelage sur Krapo Bleu, ma Golf, qui aura vraiment transbahuté tout et n'importe quoi. icone smiley wink
Bref, le Pacha est enfin à un endroit où je peux bosser dessus, avec de la lumière, de la place... Bonheur!
Je me suis attaqué au moteur; pas trop de mauvaises surprises jusque là : les cylindres ont l'air clean, les soupapes ne sont pas grippées.
Par contre, le tube emmanché dans le bloc fonte sur lequel se raccorde le circuit de refroidissement est tombé en morceaux dans mes mains, bouffé par la rouille. Idem pour la grille en laiton qui renvoie une partie du flux de liquide vers les soupapes, l'oxydation en est venu à bout. Bon, c'est pas grave, ces deux pièces se trouvent en repro chez Small Ford Spares...
Mais les morceaux de métal dans le circuit, ça n'a pas fait rire la pompe à flotte qui en a perdu des dents. Il va falloir s'occuper d'elle - mais là encore, c'est dispo : impeller seul, kit de resto, ou même échange standard, tout est possible. Il faudra aussi trouver un p'tit frère au volant moteur, qui n'a que moyennement apprécié son séjour prolongé dans l'eau. icone smiley sad
J'ai aussi récupéré le second moteur chez Fred (merci pour ta patience!!), avec les deux il devrait y avoir de quoi en faire un complet.
Sortir le moteur en soit a été plus simple que prévu. Il est pas bien lourd le petit bloc 100E... En s'y mettant à deux (merci David), il est venu sans faire d'histoires.
La partie la plus compliquée aura été de désaccoupler le moteur de l'arbre d'hélice. Un assemblage conique, de la corrosion, des concrétions sur l'arbre, et un gros écrou en laiton à double pas inversé (auquel il faut faire attention car fragile!), et on a la recette parfaite pour s'emmerder un bon moment. icone smiley laugh
Finalement, en suivant les conseils de BN (du forum OldSpeedBoats), quelques serre-joints, un bon marteau et de la patience ont suffit à libérer le moteur de l'arbre.
Le prochain défi de la série, c'est sortir le gouvernail, dont le boulon est non seulement fin rouillé, mais en plus dans un coin inaccessible... Et il doit sortir impérativement, sinon l'arbre le sort pas non plus. icone smiley sad
Je compte faire sabler la coque, mais pour éviter que le sableur ne doive utiliser une trop forte pression (ce qui déformerait les toles et transformerait ma coque en champs de tir), je veux lui amener le bateau déjà décapé au niveau des zones comportant plusieurs couches de peinture + mastic, c'est à dire les œuvres vives de la coque, principalement. J'avance doucement, au décapeur thermique.
Pour sabler, il faut aussi que la coque soit complètement nue. Tout doit partir! Donc je démonte, je démonte... Et c'est pas une partie de plaisir! Bon, déjà, bateau anglais, donc visserie en pouces (Whitworth). Mais surtout, la corrosion galvanique entre la centaine de petites vis inox qui fixent les accessoires, et la coque en aluminium!
Chaque vis est comme soudée, et c'est un challenge de la sortir; toutes les méthodes y passent : WD40, tournevis à frapper, décapeur thermique, marteau, disqueuse pneumatique... Mais celle qui fonctionne le mieux, finalement, est d'attraper la vis par l'intérieur à la pince-étau (quand l'écrou a bien voulu venir d'abord, et que c'est accessible). Avec un mouvement de va-et-vient lent, on fini par débloquer la vis. Mais au total il faut bien 10 minutes par vis! Et rien que le liston faisant le tour de la coque en compte plus de 60...
Et il ne faut pas être claustrophobique : pour accéder aux vis à l'avant, il faut se contorsionner sous le tableau de bord (mes 1m84 n'aident pas), puis glisser la tête la première et jusqu'aux hanches dans un trou de 35cm de large aux pieds du cockpit (mes épaules ne passent pas en largeur, je dois les passer l'une après l'autre)... Tout ça avec des tôles d'aluminium bien coupantes tout autour, un renouvellement de l'air proche de zéro et aucune place pour les bras (si je fais tomber une clé, je dois ressortir pour mettre la main dessus!) .
Je ne suis pas claustro, mais je dois avouer qu'à un moment, à une heure du mat', tout seul dans mon garage, bloqué au fin fond de ma coque, je faisais pas le fier. icone smiley wink

J'ai fait une jolie découverte au passage : une série de chiffres, inscrits au crayon à papier au dessous des rivets de la cloison du compartiment avant. Je suppose qu'il s'agit de ordre de rivetage, inscrit là par un ouvrier d'Albatross Marine en 1957 ; et vue la séance de spéléo que c'est pour arriver là, je serais pas surpris d'être le premier à les voir depuis la fabrication du bateau. Touchant non? icone smiley laugh

Voilà où j'en suis! Je passe souvent mes soirées dessus ("Je fais mon Jethro", j'vous laisse comprendre la référence), du coup ça avance bien. J'espère avoir fini de le déshabiller pour la fin du mois, pour pouvoir passer au sablage... A suivre très vite!
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